Rarement, le travail social, comme pratiques collectives dont la tâche essentielle est de contribuer à la cohésion sociale, n’aura été aussi nécessaire. Rarement, son devenir n’est apparu aussi incertain. Les conséquences sociales engendrées par le développement du chômage de masse ont radicalement changé le travail social dans ses modalités d’organisation et d’intervention, comme dans la position de ses acteurs. Ces transformations sont-elles en mesure de produire aujourd’hui ses propres références et son propre développement ? Comment reconstruire une fonction essentielle à la vie démocratique sur une solidarité fondée comme une appartenance commune ?
Entrée libre sur inscription
Introduction
Avec :
9h15-11h : Le travail social : art de dire, art de faire
Par Michel Autès, Sociologue, chercheur au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques, Université Lille 1 et à la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société.
Animée par Jacques Lemière, Maître de conférences, Institut de sociologie et d’anthropologie, Clersé, Université Lille 1.
Depuis qu’il existe, le travail social s’énonce dans le double registre du doute et du malaise. Faut-il reprendre à nouveaux frais la question de son existence et de son utilité ?
On voudrait ici l’interroger autour de la formule qui cerne la place et la fonction qu’il occupe : le travail social est une politique des subjectivités.
C’est-à-dire autre chose que ce que promeut le modèle culturel de l’individu néo-libéral, auteur de lui-même.
C’est dans la réponse à la question du « au nom de quoi agir sur autrui ? », ou la question des secours, entre la gestion du bétail humain et l’exercice de la fraternité républicaine, qu’on peut donner au travail social un sens politique qu’il ignore.
Échange-débat
11h-12h : La marchandisation du travail social
Par Johan Priou, Directeur de l’URIOPSS - Centre (Orléans), docteur en économie, chercheur associé au Centre d’Économie de la Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Animée par Bruno Delaval, Directeur général de l’URIOPSS Nord-Pas de Calais.
La construction d’un « marché du social » fondé sur l’émulation de la concurrence (appels à projets ; nouvelles tarifications ; allègement des normes de fonctionnement ; concurrence des conventions collectives…) vise le développement de services plus nombreux, de meilleure qualité et moins coûteux. Séduisante pour les entreprises, elle peut l’être aussi pour les élus et les citoyens. Pourtant, elle réduit les acteurs à de simples opérateurs prestant des services standardisés, dont le projet et l’inscription territoriale sont occultés. Cette « marchandisation », légitimée par la recherche de la performance, n’est pas sans conséquence pour le travail social.
Échange-débat
14h15-16h30 : Table ronde
Quelles nouvelles légitimations pour le travail social ?
Entre les logiques normatives, les injonctions paradoxales et les menaces financières, quels sont les enjeux de légitimation pour le secteur social et médico-social, pour quel rôle, quelles actions de solidarité et quel projet de société ?
Animée par Youcef Boudjemaï, Directeur des missions transversales de la Sauvegarde du Nord.
Avec :
Des ornières aux possibles
Il est des paysages qui, pendant une trop longue tempête dont ils n’ont su s’abriter, se referment sur la réflexivité et préparent leur refondation : il y a de quoi penser des légitimités possibles. À moins de suivre les ornières du management des individus, de la rationalité gestionnaire et de la sous-traitance du social, le travail social ne fabriquera ses légitimités qu’en se forgeant comme projet politique qui trouve ses ressources dans ce qu’il fut et dans ce qu’il n’est pas encore. S’autoriser de manière autonome de sa capacité à reconquérir de la pensée et de l’action en tension avec les pouvoirs, voilà qui mérite d’être aux aguets.
Bernard Eme
18h30 : Les Je(ux) du [nu]
Restitution publique de la résidence de Thomas Suel Quartet
Poésie et musique avec Thomas Suel, Christian Pruvost, Jérémie Ternoy et Alexandre Noclain.
Entrée gratuite sur réservation
En partenariat avec la Sauvegarde du Nord, l’Association Recherche Formation/École Européenne Supérieure en Travail Social du Nord-Pas de Calais (EESTS) et l’Union Régionale Interfédérale des Organismes Privés Sanitaires et Sociaux du Nord-Pas de Calais (URIOPSS).

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