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cycle La carte

Le monde ressemble-t-il à un rhinocéros jaune ? Sauf à penser qu’il est comme lui, en grand danger, cette ressemblance n’existe que dans la pensée du cartographe qui l’a dessiné ! La carte est, comme le monde, l’objet de nombreuses convoitises, sa puissance évocatrice en fait un enjeu de pouvoir. Son territoire n’est plus réservé au seul géographe-cartographe qui dessine le monde depuis l’Antiquité pour l’imaginer, puis le découvrir et l’inventer. Aujourd’hui, certains s’en emparent pour prédire, d’autres pour mentir, beaucoup pour démontrer ou s’approprier tout ou partie du monde.

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Rendez-vous d'Archimède, cycle La carte invente le monde , Un temps pour débattre

Cartographies participatives : enjeux de pouvoirs | Un temps pour débattre


Mercredi 9 mars à 14h - Entrée libre

14h : Introduction

Par Jean-Philippe Cassar, Vice-président chargé de la Culture et du Patrimoine Scientifique

14h30 : Conférence introductive

Cartographies participatives en contexte autochtone : quelles cartes, pour qui et pour quoi ?

Par Irène Hirt, Chargée de recherche CNRS - UMR 5319 PASSAGES, Bordeaux

Animatrice : Maryvonne Prévot, Maître de conférences, Laboratoire TVES, Université de Lille, Sciences et Technologies

Les peuples autochtones mobilisent la cartographie pour défendre des droits fonciers, territoriaux et environnementaux au sein des États-nations qui les englobent, et pour faire face à l’expansion de nouveaux fronts économiques et industriels sur leurs territoires. L’appropriation des modes de représentation et du langage cartographiques de l’État moderne leur permet en outre d’affirmer leur existence sur les cartes du monde, lesquelles les ont longtemps ignorés ou mis sous silence. Si les méthodes de production de ces cartes s’avèrent souvent participatives, elles se déploient dans un contexte interculturel de rencontre entre différentes épistémologies et ontologies territoriales, et dans lequel les relations interpersonnelles et institutionnelles sont marquées par l’histoire coloniale. Or, ces enjeux sont souvent rendus invisibles dans les processus participatifs, en raison de l’absence (ou de l’insuffisance) de questionnement de la dimension culturelle des pratiques scientifiques et cartographiques. La cartographie participative en contexte autochtone invite donc le chercheur à opérer consciemment un décentrement culturel quant aux savoirs, techniques et méthodes de cartographie mobilisés, et à mettre en en place une approche éthique et réflexive, tenant compte des éventuelles asymétries de pouvoir et des positionalités des participants.

15h30 : Table ronde

Une cartographie au service des citoyens ?

15h30/15h45 : Gaël Musquet, Porte-parole d’OpenStreetMap France
Production participative de données : OpenStreetMap est un outil collaboratif de production de données publiques qui, dans le contexte d’ouverture à l’accès numérique des données publiques de l’administration, permet d’interroger l’articulation entre ces sources de données et leur contribution à des services offerts aux utilisateurs. 

15h45/16h : Mathias Vadot, Association Droit au vélo - ADAV
Cyclabilité de la métropole lilloise 
L’association Droit au Vélo - ADAV présentera le concept de sa carte collaborative de cyclabilité : un outil novateur permettant de révéler l’exacte représentation des routes et rues de la région, accessibles à vélo, en se basant sur le ressenti des cyclistes. Cette table ronde sera l’occasion de revenir sur les raisons ayant abouties à ce projet, sur les choix méthodologiques retenus, ainsi que sur l’application actuelle et future de cet outil.

16h/16h15 : Catherine Jourdan, Psychologue et artiste documentaire
Géographie subjective
Le projet « Géographie subjective » [1] souhaite donner ses pleins droits à une géographie buissonnière, collective, aussi rigoureuse que déformée, par le biais d’une carte dite « subjective ». Celle-ci est réalisée par un groupe d’habitants en interaction avec une artiste et un graphiste. Elle est ensuite imprimée et rendue publique dans les espaces d'affichage des villes. Depuis 2008, douze villes européennes se sont prêtées au jeu de cette création collective d’une carte de la ville vue par ses habitants. Le retour sur cette expérience permettra d’en montrer les enjeux, les limites et l’intérêt de cette démarche qui cherche à faire entrer le « monde » dans la carte. 

16h15-16h30 : pause

16h30/17h45 : Débat

Avec Irène Hirt, Gaël Musquet, Catherine Jourdan, Mathias Vadot

Animation : Éric Leclerc, Professeur des Universités, laboratoire TVES et Maryvonne Prévot, Maître de conférences, Laboratoire TVES, Université de Lille, Sciences et Technologies

Historienne de formation, Maryvonne Prévot est actuellement maître de conférences habilité à diriger les recherches en aménagement et urbanisme au sein du laboratoire TVES (EA 4477) de l'UFR de géographie et aménagement de l’Université de Lille, Sciences et Technologies, et chercheur associé au Laboratoire conception territoire histoire (LACTH) de l'ENSAPL [2].
Ses recherches portent sur la genèse politique et doctrinale des projets urbains et des politiques d'aménagement aux différentes échelles territoriales, sur les organismes/bureaux d'études parapublics et privés et sur les trajectoires professionnelles et militantes dans les champs de l'urbain, passées et présentes, à l'ère du numérique.

18h : Conférence de clôture 

Cartes participatives, des cartes hors de la cartographie

Par Gilles Palsky, Professeur de géographie, UMR Géographie-Cités, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Animation : Éric Leclerc, Professeur des Universités, laboratoire TVES, Université de Lille, Sciences et Technologies

La cartographie universitaire s'est développée comme une discipline visant à produire « la » bonne carte, bien dessinée et communiquant de façon efficace. Il n'est alors guère surprenant qu'elle ait laissé de côté tout un continent cartographique dans lequel l'apparence de la carte comme produit fini semble moins essentiel que le processus qui est mis en œuvre.

La conférence abordera différents aspects des cartographies participatives, selon les différents contextes de leur réalisation : celui de l'aide au développement, celui des projets de territoires, celui de la cartographie 2.0.

Il s'agira d'en mesurer les apports, en termes de renversement des rapports de pouvoir, mais aussi d'en souligner les possibles biais. Enfin, ces cartographies de non spécialistes imposent un renouvellement des méthodes et des questionnements au sein-même de la cartographie académique.

 


[1] http://www.geographiesubjective.org/Geographie_subjective/Klaxon.html

[2] Douay Nicolas & Prévot Maryvonne, « Reconfiguration des pratiques militantes et participatives à l’ère de la ville numérique : le cas de Carticipe », in Severo & Romele (dir), Ville numérique et territoire, Paris, Presses des Mines, 2015.




Comité d’organisation : Dany Amiot, Sylvain Billiard, Marie-Hélène Canu, Jean-Philippe Cassar, Frédérique Cornuau, Fabien Delecroix, Florent Deleflie, Marie Laboureur, Jacques Lescuyer, Patrick Picouet, Valério Vassallo.

Université de Lille – sciences et technologies

Espace Culture, Université de Lille – sciences et technologies

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Tél. +33 (0) 3.20.43.69.09

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